Le cygne blessé

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Un jour, alors que le prince était assis au jardin, un vol de cygnes blancs traversa le ciel. Soudain, une flèche tirée en l'air transperça l'un d'entre eux. Blessé, l'oiseau tomba aux pieds du prince, la flèche toujours fichée dans son aile. "Oh, pauvre cygne, murmura Siddhârta tout en ramassant délicatement l'oiseau meurtri, n'aie pas peur. Je te soignerai. D'abord, laisse-moi t'ôter cette flèche ". D'une main il caressa l'oiseau, apaisant sa frayeur, tandis que de l'autre il retirait douce­ment la flèche douloureuse. Le prince avait sur lui un baume spécial dont il frictionna légèrement l'aile de l'oiseau tout en lui parlant à voix basse pour calmer son angoisse. Enfin, prenant sa propre chemise en soie, il en enveloppa l'oiseau pour le réchauffer.

Peu après, un autre jeune homme arriva au jardin en courant. C'était Devadatta, le cousin du prince. Il était armé d'un arc et de flèches. «Siddhârta, Siddhârta ! Cria-t-il. Ecoute la nouvelle ! J'ai touché un cygne ! Je l'ai eu du premier coup ! Il est tombé dans les parages. Aide-moi à le chercher. »

S'approchant, il vit que le prince tenait quelque chose dans ses bras: c'était le cygne qu'il pourchassait. " Hé ! Tu as pris mon cygne, cria-t-il. Rends-le moi. Il est à moi, c'est moi qui l'ai touché ! " Agacé, Devadatta voulut s'emparer de l'oiseau mais le prince le retint, empêchant même son cousin de le saisir.
" J'ai trouvé cet oiseau par terre et perdant son sang, dit le prince d'un ton ferme, et je n'ai aucunement l'intention de le donner à quelqu'un tant qu'il sera blessé."

Devadatta était de plus en plus furieux mais Siddhârta refusait de lui rendre le cygne. Finalement le prince dit : " Quand deux personnes se battent, elles exposent leur cas à un tribunal.
Là, face à un groupe de personnes avisées, chacun raconte les faits tels qu'ils se sont produits. Alors les juges décident qui a raison. Je pense que toi et moi devrions faire de même."
Devadatta n'aimait pas trop cette idée, mais, comme c'était pour lui la seule façon de récupérer le cygne, il accepta. Ils se rendirent donc tous les deux au palais et comparurent devant le roi et ses ministres.

Chacun à leur tour, ils décrivirent ce qui s'était passé. Puis, les ministres tentèrent de décider lequel des deux avait raison et garderait par conséquent le cygne. Certains pensaient : " Puisque Devadatta a tiré sur le cygne, c'est donc à lui qu'il devrait revenir. " D'autres affirmaient le contraire : " C'est Siddhârta qui a trouvé le cygne, c'est à lui qu'il doit appartenir. " Longtemps, les ministres discutèrent de l'affaire.

Enfin, un vieil homme à l'air sage, que nul ne se souvenait avoir jamais vu auparavant, arriva à la cour. On lui raconta l'épisode du cygne.
Une fois qu'il l'eut entendu, il déclara ceci: " Chacun estime sa vie plus que tout autre chose au monde. Il est donc juste que le cygne revienne à celui qui a essayé de lui sauver la vie et non à celui qui a tenté de la lui prendre. Qu'on donne le cygne à Siddhârta."

Extrait du "Prince Siddhârta" Jonathan Landau et Janet Brooke. Ed. Dharma France.

Peinture Le cygne blessé

"Le cygne blessé"
Acrylique sur contreplaqué
Dimensions : 80 x 80 cm
Année : 2008
Durée d’exécution : 77 heures
Dédié à Véronique Sternbaum

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